DOSSIERS.

Classement des Bagnes australiens par l'UNESCO.

Inscrits sur la liste nominative depuis le 16 juin 2000, l'Australie, par l'intermédiaire of the Département Environnement, Water, Heritage and the Arts, a déposé le 23 janvier 2008 le dossier de demande de classement des Bagnes Australiens au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO.



Classement des  Bagnes australiens par l'UNESCO.

Les débuts de l'Australie coloniale.

En 1642, le navigateur hollandais Abel Tasman dressa la carte d'une partie de la côte tasmanienne. L'Anglais William Dampier explora la côte occidentale en 1688, puis à nouveau en 1699, mais ce ne fut qu'en 1770 que son compatriote, le capitaine James Cook, s'aventura avec l'Endeavour dans le Pacifique Sud pour tracer la carte de la côte orientale de cet immense territoire, qui était alors appelé la Nouvelle-Hollande.

Au nom de la couronne britannique, Cook, prit possession de la moitié orientale du continent. L'administration britannique, qui venait de perdre ses colonies de l'Amérique du Nord devenues indépendantes, cherchait alors un lieu où établir de grands pénitenciers pour vider les geôles londoniennes surpeuplées. Elle choisit la nouvelle colonie des antipodes signalée par Cook et son naturaliste, Sir Joseph Banks, comme une terre hospitalière.

La colonie de la Nouvelle-Galles du Sud de la Couronne britannique, site de l'installation des premiers colons, comprenait alors les terres de ce qui constitue aujourd'hui les Etats de Tasmanie (alors appelée Terre de Van Diemen), du Queensland et du Victoria, soit les deux-tiers de l'ensemble du territoire. L'Australie-Occidentale, qui resta le plus longtemps une colonie pénitentiaire, et l'Australie-Méridionale, qui n'accueillit jamais de forçats britanniques, furent fondées par la suite en tant que colonies totalement séparées.

Photo: © Military Guard house retaining original gun racks - Cockatoo Island. Département Environnement, Water, Heritage and the Arts,

Classement des  Bagnes australiens par l'UNESCO.

Une colonie pénitentiaire.

Le 26 janvier 1788, le capitaine Arthur Phillip, commandant la «Première Flotte», débarqua à Botany Bay avec 732 «convicts», et 450 marins ou soldats accompagnés de leurs familles, afin d'établir une colonie pénale. Le pénitencier ne tarda pas à être transféré dans le site plus favorable de Port Jackson, qui deviendra Sydney.

En 1802-1803, le capitaine Matthew Flinders effectua le tour complet du continent. D'autres colonies furent ensuite établies à Norfolk, dans la terre de Van Diemen (Tasmanie), puis dans l'ouest du pays. Redoutant la présence française dans la région, les Britanniques occupèrent l'ensemble du continent et y proclamèrent leur souveraineté. En quatre-vingts ans, jusqu'à l'arrêt officiel de la déportation, les colonies australiennes reçurent 160 000 bagnards, pour la plupart des condamnés de droit commun, à l'exception des Irlandais, déportés politiques pour rébellion envers la Couronne. Après des débuts très difficiles (disette), la colonie pénale put enfin subvenir à ses besoins, lorsque les premières récoltes de blé et de pommes de terre furent faites à partir de 1794. C'est en 1814 que le navigateur britannique Matthew Flinders qui, au terme de son périple avait cartographié la quasi totalité des côtes du continent, proposa de lui donner le nom «Australie».

Photo: © Fortified Gatehouse entrance to the prison - Fremantle Prison. Département Environnement, Water, Heritage and the Arts,

Classement des  Bagnes australiens par l'UNESCO.

Les voies d'une autre destinée.

La colonie de la Nouvelle-Galles du Sud de la Couronne britannique, site de l'installation des premiers colons, comprenait alors les terres de ce qui constitue aujourd'hui les Etats de Tasmanie (alors appelée Terre de Van Diemen), du Queensland et du Victoria, soit les deux-tiers de l'ensemble du territoire. L'Australie-Occidentale, qui resta le plus longtemps une colonie pénitentiaire, et l'Australie-Méridionale, qui n'accueillit jamais de forçats britanniques, furent fondées par la suite en tant que colonies totalement séparées.

L'introduction des moutons mérinos et la découverte des pâturages des grandes plaines de l'Ouest - au-delà de la barrière des hautes terres - ouvrirent à l'Australie les voies d'une autre destinée. Grâce à des gouverneurs clairvoyants, les forçats libérés purent recevoir des terres, créant ainsi un premier tissu de colonisation, tandis que des colons libres et des militaires en fin de service fondèrent des domaines, parfois très vastes, en employant la main-d'œuvre pénale. John Mac Arthur, ancien officier de la «Première flotte», devenu commerçant et gentleman-farmer, fut le premier à parier sur la laine comme produit d'exportation, et à y faire fortune, à la fin du XVIII e siècle. Mais en dehors des colonies pénitentiaires, qui s'étendaient sur les côtes en créant les embryons des futurs Etats australiens, l'intérieur du continent restait méconnu.

L'exploration de l'intérieur commença en 1840 et dura près de soixante ans. Cette saga est illustrée par Robert O'Hara Burke, John Edward Eyre ou encore John Forrest, qui découvrirent avec déception une nature aride, inhospitalière et menaçante. La division de l'Australie en six colonies séparées fut officialisée en 1850, quand le gouvernement britannique décida de leur accorder une autonomie limitée.

La découverte de l'or en 1851 à Bathurst provoqua une ruée et sonna véritablement la fin de l'ère du bagne. De nouvelles villes furent fondées, comme Bendigo et Ballarat. L'Australie devint une terre prospère et la population remuante des mineurs se fondit dans le flot des premiers arrivés: un peuple et une identité nationale commencèrent à s'affirmer.

Photo: © The Port Arthur Historic Site showing the Penitentiary, Watchmen's Quarters, Law Courts and Hospital. Département Environnement, Water, Heritage and the Arts,

Le dossier:

Classement des  Bagnes australiens par l'UNESCO.
Ce document d'une qualité et d'une réalisation remarquable avec une précision absolue, mérite toute notre admiration. Nous souhaitons un grand succès au Département Environnement, Water, Heritage and the Arts, qui est à l'origine de cet ouvrage, auquel nous avons eu le plaisir de participer, en ce qui concerne les informations concernant les Bagnes de Guyane.

Ceci conforte notre travail à vouloir faire inscrire Saint-Laurent-du-Maroni "mémoire du bagne" sur la liste indicative des biens nationaux français susceptibles d'être proposés au classement mondial de l'humanité par l'UNESCO.

La procédure de classement concernant le dossier australien est visible en cliquant ICI

La découverte des sites des bagnes australiens est visible en cliquant ICI

Pour plus d'informations lire l'article du classement du 1er août 2010 en cliquant ICI

Lundi 11 Février 2008
Yvan MARCOU
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