Jeudi 29 Juillet
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REVISION DU PROCES SEZNEC

Lancé par Robert Hossein à compter du 26 janvier 2010.

On ne peut qu’être admiratif devant le nouveau défi lancé par Robert Hossein qui a décidé de présenter et d’animer à compter du 26 janvier 2010 et la télévision, une pièce de théâtre interactive ayant pour titre « L’Affaire Seznec »: Coupable ou innocent ? - verdict des téléspectateurs: INNOCENT à 94%

Arrêté et inculpé pour meurtre, Guillaume SEZNEC est arrivé le 29 avril 1927, pour « perpette », au bagne de Guyane. C’est après 22 ans passé au cœur de cette machine à broyer les hommes qu’il a été gracié par le Général de Gaulle. Son petit-fils, Denis SEZNEC, se bat depuis plus de 30 ans pour clamer son innocence et demander sa réhabilitation.

Ainsi, depuis 80 ans, l’affaire SEZNEC, repose sur l’unique question : Guillaume SEZNEC est-il innocent ?

Cette question avait déjà soulevé les passions le 18 juin 1931, lorsque le journaliste Marius LARIQUE, envoyé spécial en Guyane de l’hebdomadaire Détective, avait rapporté un reportage intitulé : L’ultime évasion.

C’est donc au moment de la révision de ce procès, qu’il nous paraît particulièrement instructif de reproduire ce reportage qui s’ouvrait comme suit :

Le soir où madame SEZNEC mourait à l’hôpital de Beaujon, s’évadant ainsi de la vie, SEZNEC tentait, sur une embarcation de fortune, de quitter les îles où il était arrivé voici cinq ans.



SEZNEC innocent ! … Lire le commentaire n°2 ci dessous, en fin d'article.

Denis SEZNEC en visite en Guyane dans le blockhaus où son grand père a séjourné.
Denis SEZNEC en visite en Guyane dans le blockhaus où son grand père a séjourné.
Les évasions de SEZNEC.
« Je ne pense pas, en toute sincérité, que l’on puisse imputer à crime, à Guillaume SEZNEC, ses évasions. C’est que, pour la majorité du public, l’évasion d’un inculpé constitue presque toujours un semblant d’aveu.
Je puis – hélas ! – l’affirmer par expérience : il est faux de penser qu’un innocent ne puisse pas avoir peur de la justice et qu’il ait toujours le courage d’attendre, avec confiance, le verdict de la justice.
J’en eu – pendant mon long martyre – plus d’une preuve. J’ai de bonnes raisons de penser que ceux qui n’arrivent pas à faire partager la conviction de leur innocence sont pressés, comme les autres, de tenter la belle.
Je poserai même, en principe – et qui me contestera – qu’il n’y a que trois catégories de prisonniers qui ne pensent pas à l’évasion :
1ere les clochards, qui sont mieux en prison ou au bagne qu’en état de perpétuel vagabondage ;
2ème ceux qui ne peuvent pas s’évader ;
3ème ceux qui ont peur de mourir.
L’explication des évasions de SEZNEC se passe, à mon avis, de commentaires. Il fut mis en état d’arrestation le 30 juin 1923, à Dreux, alors qu’il s’était mis volontairement à la disposition de la Sûreté Nationale. Imagine-t-on BONNOT ou GARNIER se rendant à une convocation de M. Xavier GUICHARD, chef de la Sûreté ? On va lui passer les menottes. Que se passe-t-il dans le cerveau de ce paysan compliqué ? Il voit que la porte du commissariat est ouverte ; il bondit dans la rue, qui est d’ailleurs remplie de policiers. Aveu, dira-t-on. Aveu, ou simple réaction d’un homme effrayé ?
Ses lettres à la prison, les griffonnages qu’il faisait transmettre à Marie-Jeanne, sa femme, pour lui demander de soudoyer de faux-témoins ? Il faut avoir vécu en cellule, au secret, puis dans la compagnie des « moutons » - que l’on place dans la cellule des inculpés d’importance – pour ne pas s’étonner d’une manifestation de duplicité aussi simpliste. Pour obtenir une faveur – voire une libération anticipée – quel mouchard de prison n’inspirerait pas au détenu les plus rocambolesques sottises, sous prétexte de lui faire renforcer sa défense ?
La deuxième tentative d’évasion eut lieu au lendemain de la saisie de cette lettre, dans la prison de Morlaix. Il avait réussi à faire un trou dans le mur de sa cellule et à sortir dans un couloir, sans être remarqué. Cet exploit eût été impossible à Fresnes ou à la Santé, où la surveillance est constante, de jour et de nuit. Mais à Morlaix !…
Il avança dans la direction de la cour. Il savait le chemin. Tous les prisonniers connaissent leur prison, même ceux qu’on enferme au cachot. Acquérir le sens de la direction est, pour un évadé, une nécessité. Seznec n’avait oublié qu’une chose, prévoir la ronde du gardien-chef Chipot. On l’arrêta. Par le trou qu’il avait fait dans le mur de sa cellule, un bœuf aurait pu passer. Comment avait-il enlevé ces pierres sans qu’on l’entendit ? Les prisonniers en mal de Belle ont toutes les ingéniosités…
Tuez moi, disait Seznec. je ne peux pas vivre en prison. Je suis innocent !
Sans doute se compromit-il encore, par la suite, maladroitement !
Chacun ses faux-témoins, disait-il au juge, lorsque le magistrat l’accusait, lui mettant ses propres lettres sous les yeux, de vouloir tromper la justice.
Rappeler sa condamnation serait rappeler une histoire qu’on a pas oubliée. M. Marcel KAHN le défendait, mais l’opinion publique était si bien dressée contre Guillaume Seznec qu’on ne prêta peut-être pas une très grande attention à des témoignages qui vinrent affirmer son innocence. Il fut condamné dans la nuit du 25 au 26 mai 1924 aux travaux forcés à perpétuité.

A Saint-Martin-de-Ré,Seznec, prévenu par un long séjour en prison contre les mouchards, ne se confia plus à, personne. Les surveillants savent ce que pensent les condamnés. Le gardien-chef du pénitencier voulut briser la tenace volonté du Breton, têtu et il chercha à l’amadouer.
Seznec, lui dit-il, vous n’êtes pas un forçat comme les autres. Vous pouvez obtenir une grâce, revoir votre famille. Rien n’est perdu pour vous. Conduisez-vous bien, c’est votre intérêt. Je vais vous donner un emploi de faveur : vous distribuerez le travail aux autres détenus.
Seznec distribuait l’étoupe à ses camarades. Il la ramassait, le travail terminé, en faisait des paquets. C’était moins monotone que de rester assis toute la journée en tirant l’étoupe. Il était bien vu de ses compagnons de chaîne et ne mouchardait pas. « Seznec est incapable d’avoir commis un meurtre » disaient-ils, et cependant les forçats sont tous terribles les uns à l’égard des autres ! Je sais que l’aumônier le tenait en grande estime, et comme l’évêque de Cayenne, le croyait innocent. C’est à Saint-Martin que Marie-Jeanne, venue pour voir son mari, avant le départ de la chaîne, lui promit d’aller le retrouver en Guyane.

La Belle, en Guyane, c’est – je l’ai dit bien souvent ici même – c’est l’espoir de forçats, la préoccupation des fonctionnaires et le cauchemar des surveillants.

Il eut la chance de n’être pas considéré comme une forte tête. Il coltinait des caisses de vivres, des bûches, des pièces de bois sur l’appontement du port de Saint-Laurent-du-Maroni. Il empierrait les routes, piochant, pelletant, damant la caillasse sous le soleil guyanais. Comme il ne parlait peu, les surveillants en arrivèrent à ne plus se soucier de lui. Ils en firent un des « boueux » de la-bas, ceux qui font avec les urubus, la corvée d’assainissement de la ville. Quatre hommes tirant un cabrouet s’en vont ramasser les ordures dans Saint-Laurent, sous la simple surveillance d’un forçat porte-clés. Ils sont, en somme, en état de semi-liberté. Ils peuvent notamment aller au ravitaillement dans les épiceries chinoises…

C’est ce qui donna à Seznec l’occasion de préparer sa première évasion du bagne. Les chinois lui permirent de correspondre avec Marie-Jeanne, sa femme, dont rien n’avait entamé la confiance et le dévouement. Elle écouta son appel désespéré. Elle fit argent de tout ce qu’elle possédait et elle s’en alla, seule, en Guyane hollandaise, pour préparer l’évasion de son mari…
Il joua mal. La défiance où il tenait les hommes l’entraîna à vouloir réaliser, sans le secours de personne, ce qui ne peut se faire qu’à plusieurs.
Il s’éloigna de sa corvée, se faufila au village chinois pour y chercher un libéré qui le prendrait en pirogue « de l’autre côté », à Albina, où l’attendait sa femme. Mais il tomba « sur un plat de surveillants » en service de ronde.

Que faites-vous ici, Seznec ?
Je venais acheter quelques vivres pour améliorer ma pitance.
Comme ça, Seznec ! se moquèrent les surveillants. Abandon de corvée. Tentative d’évasion. Vous ne couperez pas au Tribunal maritime.

Les surveillants ramenèrent Seznec au camp, à la boite. Il resta six mois dans les blockhaus de Saint-Laurent-du-Maroni, bouges infects, nauséabonds, en prévention d’évasion. Mais les charges étant insuffisantes, la Commission du Gouvernement ne retint pas ce chef d’accusation et ordonna un non-lieu.

Depuis longtemps Marie-Jeanne était repartie en France, le cœur en détresse, mais toujours aussi vaillante. La Pénitentiaire usa envers Seznec de son droit de l’interner aux Iles du Salut. Les Iles ! terreur des forçats. On ne peut, en effet, s’en évader. Aucuns matériaux pouvant flotter ne traînent sur les Iles. La confection d’un simple radeau est un exploit rare. La surveillance y est très étroite. L’ennui déprime les énergies les mieux trempées. Seznec fut affecté aux travaux les plus durs : coltinages, entretien des routes, déchargement des chalands, et aussi à l’insipide corvée de l’arrachage d’herbe entre les pavés.

Du moins, sa femme lui envoyait-elle de l’argent. Je puis affirmer que Seznec ne le gardait pas pour lui seul. Il aidait des malheureux, ceux qui n’ont pas pu se « débrouiller ». Je peux dire aussi que sa réputation d’innocent était générale dans tous les pénitenciers de la Guyane. Ses voisins de case lui conseillaient de solliciter une grâce ou la révision de son procès. De loin en loin, un « papier » paraissait dans un journal français en rappelant l’affaire Seznec, peut-être innocent ! C’était peu.

Seznec, ayant perdu tout espoir, prépara solitairement une évasion des Iles. La Pénitentiaire qui le savait innocent l’avait enfin retiré de la corvée générale et placé à la cambuse pour aider à la distribution des vivres. cet emploi laisse à son titulaire un semblant de liberté. Seznec en profita pour assembler quelques planches et, un soir, il essaya de mettre son esquif à l’eau. Il avait compté sans les surveillants. Au lieu de prendre le chemin la liberté, on lui fit prendre celui de la « boite ». Il fit quelques mois de cellule, après quoi le commandant des Iles le fit sortir, tellement il était touché des malheurs de cet homme. Il lui rendit son emploi de garçon cambusier, tout en le faisant surveiller discrètement par quelque drôle.

Là-bas, Seznec a appris la mort de sa fille aînée, la mort de sa femme…

J’ai vu de ses lettres. Il passe son temps à écrire à ses avocats, à sa mère, de sa grosse écriture fatiguée. Ce n’est plus l’homme robuste d’autrefois. Ce n’est qu’un pauvre homme.

Détective, l’Intransigeant ont rappelé les présomptions d’innocence en faveur de ce malheureux.

Un recours en grâce en faveur de Seznec mettrait-il pas un poil d’apaisement au cœur de ceux qui, de bonne foi, croient qu’il n’est pas coupable ? »

Et si déjà, le 18 juin 1931, Marius LARIQUE avait eu raison ?

SEZNEC innocent ???

A lire également l'article Denis SEZNEC et ses commentaires, en cilquant ICI

Mardi 20 Avril 2010
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1.Posté par thouret le 23/03/2009 14:07
L'horreur du doute! de nos jours les erreurs judiciaires sont innaceptables, si Seznec était innocent comme on le craint, quel drame de voir une vie gachée ainsi....
http://atht.unblog.fr

2.Posté par Guy PENAUD le 27/01/2010 14:27
On ne peut qu’être admiratif devant le nouveau défi lancé par Robert Hossein qui a décidé de présenter et d’animer à compter du 26 janvier 2010 une pièce de théâtre interactive ayant pour titre « L’Affaire Seznec ». Les spectateurs qui assisteront à ce spectacle auront à se prononcer à l’issue de la représentation sur la culpabilité ou l’innocence de Guillaume Seznec. Cette pièce représentera en fait le procès de 1924 qui a condamné l’enfant de Plomodiern au bagne. Lors de quelques interventions dans la presse, Robert Hossein mentionne qu’il ne donnera pas son opinion sur la culpabilité de Seznec avant la fin des représentations. Les faits seront-ils présentés en toute objectivité au public ? On peut en douter, puisque Robert Hossein a lui-même précisé qu’il avait soumis le manuscrit à Denis Le Her-Sezsnec, petit-fils et soutien indéfectible de Guillaume, avec lequel il a même prévu d’intervenir à la radio ou lors de conférences. En outre, il est prévu que Me Lombard, avocat de la famille Seznec, intervienne par projection cinématographique lors du spectacle. Compte tenu de tous ces éléments, il est d’ores et déjà certain que le résultat des spectateurs est acquis d’avance. Dommage que Robert Hossein n’ait pas donné également la parole à un historien qui rappellerait tout ce qui s’est passé dans cette affaire depuis 1924 et résumerait, hors de toute passion, cette affaire.

3.Posté par denis Seznec le 27/06/2010 15:10
Ce que dit ce Guy Penaud est complètement faux : jamais Robert Hossein ne m'a soumis un quelconque manuscrit ou scénario. Quant à Maître Lombard il n'a jamis été le conseil de ma famille. Etc, etc, etc. Il est facile de vérifier.
Les inexactitudes ou les mensonges de cet ex-commissaire de police — dont la plupart des collègues me soutiennent dans mon combat — sont légions et trop nombreuses pour lui faire l'honneur de démentir toutes ses propos. Il n'y a que sa méchanceté envers moi qui demeure un mystère... Je compte sur le bon sens de chacun pour classer définitivement cet individu dans une catégorie qui ne fait pas honneur à la vérité. Faites attention à ce qui s'écrit sur le web ! Merci de soutenir mon combat contre les injustices.

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