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CARNAVAL DE GUYANE.

Le carnaval le plus long du monde.

De l’Epiphanie au mercredi des cendres, toute la Guyane entre en CARNAVAL. Le temps du règne du roi VAVAL libérateur des corps, des sens et des esprits. Un règne en pointillé qui chaque fin de semaine transforme les maisons en atelier de haute couture, pour éblouir, pour étourdir les danseurs et spectateurs des rues, les après midi de défilé, les matins et les crépuscules de “vidé” où la foule poursuit jusqu’à l’épuisement, des orchestres endiablés juchés sur des camions.



CARNAVAL  DE GUYANE.

Le Roi VAVAL.

Et puis c’est le triomphe des jours gras. Lundi des mariages burlesques où les hommes se font épouses et les femmes mariés. Mardi des diables rouges et mercredi de l’apothéose enflammée de VAVAL.
Mais au royaume de VAVAL les femmes sont les vraies reines. Si leurs atours de TOULOULOUS cachent le moindre espace de chair, elles vibrent de sensualité secrète dans les nuits chaudes des universités de danse.
Roi sage, VAVAL célèbre toutes les races et toutes les cultures de la Guyane. Grâce sereine des Créoles, sensualité majestueuse des Brésiliennes, force énigmatique des Negs-Marons. A ces derniers, hommes libres entre les hommes libres pour avoir les premiers brisés les chaînes de l’esclavage et reconquis leur liberté les armes à la main, VAVAL confie sa police et la sauvegarde des TOULOULOUS.
Chaque TOULOULOU est un mystère et une invitation. Mystère du masque et des formes abolies par la robe chatoyante, invitation du regard brillant d’une liberté sans autre limite que celle de la nuit.

CARNAVAL  DE GUYANE.
Dont TOULOULOU est reine du choix de son cavalier - éconduit aussitôt que chez lui la raison l’emporte sur le rythme - à la sensuelle estocade du “piké”.

Si les universités de danse sont ses palais, la rue est le royaume de VAVAL. Roi fou de liberté, il révèle à chacun de ses sujets un autre lui même. Par la magie des costumes élaborés avec patience et passion, par la vertu des libations, entamées entre amis dès le vendredi soir, poursuivies jusqu’au dimanche, au gré des bals, des bars, des rues, des rencontres.

Car VAVAL est mémoire, et VAVAL est histoire: mémoire d’un peuple tordu de rire à l’évocation burlesque d’une succession de temps tragiques. Tragédie de l’esclavage et des champs de cannes gagnés sur la jungle, tragédie si proche et centenaire du bagne. Renversant l’ordre absurde du passé, VAVAL restaure dans la liesse et l’excès, la dignité de l’homme.

En Guyane où tout est couleur, le blanc est synonyme de deuil: devenues diablesses, les TOULOULOUS se lamentent. VAVAL va périr victime de ses excès, de ses irrévérences. De la raison aussi qui rend aux dames formes et visages, les privant de leur liberté et renvoyant les hommes à leurs désirs inassouvis. Mais VAVAL est roi et feu-folet. Alors sa mort flamboie de tous les regards hardis, de tous les chatoiements des TOULOULOUS. Une mort en majesté qui brille comme un espoir.

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Un peu d'histoire.

Il est probable que le Carnaval trouve ses premières origines dans l’ancienne Egypte. En effet, les Égyptiens rendaient un culte à Isis et à Apis. Isis, déesse, était la sœur et femme d’Osiris, qui était le dieu sauveur qui garantit la vie dans l’au-delà, et Apis, était adorée sous la forme d’un taureau sacré, symbole de virilité et de fécondation. Ainsi, Isis, la reine magicienne et le bœuf Apis étaient célébrés dans deux grandes fêtes d’offrandes.

Chez les grecs et ensuite chez les romains, ces célébrations ont pris le nom de Bacchanales et Saturnales, et dans ces banquets bruyants la grande liesse des buveurs leur faisait perdre la raison et les plongeait dans l’Orgie. Par la suite, ces fêtes païennes ont été relayées par les Dionysiades (en l’honneur de Bacchus), les Lupercales (en l’honneur des troupeaux) et les Matronales (en l’honneur des femmes mariées et des matrones). Ces dernières, compte tenu de leur déroulement avec le plus grand libertinage devaient être supprimées par le Christianisme, mais les ripailleurs et fêtards de tous poils n’entendaient pas cela de cette oreille. Ainsi, pour arrêter leur colère et éviter la violence, l’Eglise, pour “acheter la paix sociale”, ne permit-elle pas qu’avant le carême, les citoyens puissent se laisser aller à la démesure ou aux débordements ?

Dans ce contexte, on trouve les mots les plus anciens Carnelevarium, Carnelevale, Carnal et Carnestolendas qui se rapportent à ces périodes mais qui ont tous pour racine caro, la chair. Ainsi, pendant les Dimanches, Lundi et Mardi gras, on avait le droit de se goinfrer de viandes, mais après, attention ! C’est ainsi que de ces vocables, celui de CARNAVAL nous est transmis par l’oralité et la tradition populaire. Alors, certains le sollicitent dès les premiers jours de l’hiver ; d’autres le poussent à aller jusqu’à Pâques, mais d’une manière générale, le CARNAVAL se situe entre l’Epiphanie, jour où les Rois Mages ont connu l’Enfant Jésus, et le mercredi des Cendres qui succède au Mardi gras.

D’autre part, l’histoire a vu dans cette organisation une résistance contre les pouvoirs : pouvoir de l’Eglise sur sa communauté chrétienne et pouvoir institutionnel sur tout citoyen. Alors le processus semble s’intégrer à la mise en place du calendrier chrétien sur la base d’un compromis. C’est ainsi, que pendant la durée du CARNAVAL, est établie une inversion de l’ordre social au profit d’un ordre provisoire grotesque, placé sous l’autorité d’un roi de la fête, ici en Guyane française, le ROI VAVAL. Ainsi, en soirée, dans une grande manifestation publique, la veille de l’Epiphanie, les clés de la ville sont remises à ce Roi éphémère, qui durant son règne libère les corps, les sens et les esprits et autorise la foule à envahir les rues des villes et des villages dans un environnement social réel. Puis, avant que le ROI VAVAL ne périsse brûlé en place publique, victime de ses excès, spectateurs et carnavaliers évoluent en communion dans une liesse populaire, facteur ici de cohésion sociale.

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LES JOURS GRAS - Le dernier dimanche du Carnaval.

C’est dans l’après-midi qu’il est donné l’occasion aux différents groupes carnavalesques de se produire au grand complet dans de magnifiques costumes ou déguisements dus à l’ingéniosité des créateurs et des couturières. Cette manifestation de rue, suivie par un énorme public, se déroule dans l’artère centrale de Cayenne et prend l’appellation de « Grande Parade ».

C’est là, que plus de 2000 figurants, composant plus de 30 groupes, défilent à pied ou en chars au son de chaudes ambiances musicales exotiques. A cette occasion est organisé le concours du groupe carnavalesque qui incarne le mieux la tradition. Dotée de nombreux prix, dont le plus important est celui de représenter pour un an le Carnaval de Guyane, cette « grande parade » a contribué à l’obtention de la quatrième place des Carnavals dans le monde, du fait de sa durée et de sa très importante participation populaire.

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Lundi des mariages burlesques.

Dans ce simulacre de mariage, homme et femme changent de sexe, changent de caractère pendant une journée. Ce sont là des inversions, des introjections qui précipitent l’espace d’un moment la société d’un extrême à l’autre.
Cette métamorphose que nous permet ici le Carnaval contient peut-être des jeux équivoques qui ont été souvent condamnés par l’Eglise. Mais ce ne sont pas les Guyanais qui ont innové l’introjection. Au XVII° siècle, à la cour même de Philippe IV où les citoyens étaient férus de logique et obsédés par les questions de religion, cette habitude était établie.

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Mardi des diables rouges.

Les diables rouges et plus anciennement les diables noirs apparaissent le Mardi gras. Les diables représentants de tous les symboles de l’enfer, ont des bonnets à pointes, de petites cornes, une longue queue. Ils sont couverts de miroirs, et ils avaient la coutume de faire irruption dans les magasins tenus par des chinois pour réclamer de l’argent en agitant une bourse sonnante et en criant : chinois pè djab ! (les chinois ont peur du diable !).
La présence des diables dans le carnaval guyanais est en relation étroite avec l’évangélisation chrétienne qui a été imposée aux esclaves. En effet, les missionnaires qui instruisaient les esclaves ont utilisé ce thème du diable pour leur faire peur et décrire la lutte entre le bien et le mal. Mais cette évocation est bien là pour indiquer que VAVAL est bien une fête païenne.

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Mercredi des Cendres - Mort du Roi VAVAL.

Accompagné par des diablesses en pleurs, vêtues de noir et blanc en signe de deuil, un vase de nuit attaché aux reins par une grande ficelle, l’autodafé du bwabwa est le point final du Carnaval. Représenté par un mannequin, le ROI VAVAL est promené le dernier jour dans toute la ville puis est mis en jugement, car il est le bouc émissaire des péchés des autres.

VAVAL est condamné a être brûlé vif sur la place publique pour s’être amusé sans vergogne, pour avoir chanté et dansé sans retenue dans les rues, pour ses démesures, pour ses effronteries, pour ses refrains irrévérencieux.

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Costume traditionnel - Le TOULOULOU

Dès le début du XVIII° siècle, le Carnaval avait pris naissance sur des thèmes venus d’Europe. Par l’intermédiaire des Portugais, toute la gamme des travestis d’Italie, de France, d’Espagne et du Portugal, était introduite dans les festivités que donnaient les maîtres dans les luxueuses habitations de leurs plantations. Cette mascarade retient vite l’attention des esclaves qui s’amusaient ensemble et où les groupes réunissaient plus de femmes que d’hommes. Au commencement, par manque de moyens, les costumes sont des imitations grossières de linges utilisés dans les habitations.

Après 1848, la liberté proclamée, ces populations aspirent à une identité nouvelle et à bâtir une nouvelle société. Alors les esclaves libérés ont pris l’habitude de se déguiser avec les affranchis. Ainsi, ils ont augmenté l’éclat de leurs festivités et commencé à s’intéresser aux costumes à reflets chatoyants sous la poussée d’une contre-culture, qui procédera, avec une habileté raffinée, à modifier danses et costumes.

Les masques seront alors des comtesses, des marquise, des colombines, des fées que la magie du satin, du doré, du velours aura séduit. Mais ces manifestations qui se déroulaient dans de brillants salons ont éveillé la méfiance des planteurs. Ainsi, pour rompre avec ces habitudes, il fallait les faire descendre dans la rue.

Donc c’est bien dans la rue que le Carnaval s’est mis à parodier les anciens labeurs et les dures besognes de l’esclavage ainsi qu’une bourgeoisie opulente, sous les masques poudrés, ou les loups noirs et rouges.

De là est né un Carnaval spécifiquement guyanais, le Carnaval de rue, le Carnaval du peuple, dont le TOULOULOU est le plus vivant emblème et la Reine qu’il fallait donner, l’espace d’un règne éphémère, au ROI VAVAL.

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Costume traditionnel - Les coupeuses de cannes.

En Guyane, la coupe de la canne à sucre n’a jamais été automatisée. Pour les besoins de la dernière distillerie de rhum de ce département, la coupe est encore effectuée manuellement.

Mais ici, ce costume participe à l’écriture de l’histoire de la Guyane et du Carnaval. En effet, rappelant l’époque de l’esclavage, les coupeurs de cannes défilent en groupe torse nu, pieds nus, vêtus d’un pantalon en grosse toile et armés d’un sabre d’abattis. Ils sont accompagnés de coupeuses qui sont en tenue « rivière salée » ou en « négrier ».
La tenue de négrier implique le port du grand chapeau bakwa ou arouma. La robe, large et longue a des poches, et les manches sont longues ou trois-quarts. Un grand mouchoir couvre le corps en diagonal avec à la hanche un gobelet métallique. Les coupeuses portent un sabre d’abattis et une belle canne à sucre.

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Costume traditionnel - Le jé farine.

Ce costume est composé d’une coiffe sous forme de long cornet multicolore saupoudré d’étoiles. Le jé farine est habillé de blanc et porte un tablier équipé d’une grande poche ventrale contenant de la farine.

Cette tenue est un produit local qui parodie la fée Mélusine, la fée de l’abondance, il symbolise la vie, la joie de vivre, la gaieté. S’il asperge peu l’assistance dans ce contexte, il se transforme volontiers en fée Carabosse, vilaine et revêche. Alors dans ce cas de figure, il aime à poursuivre les enfants qui le narguent.

Ainsi s’engage une folle course-poursuite qui se termine, quand cela est possible, par un copieux barbouillage à la farine du visage du provocateur.

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Costume traditionnel - Le bobi.

Son costume est fait de tissu de sac beige (sac de pomme de terre ou de sucre) qui lui donne une démarche lourde et lente. Il représente tantôt un ours lorsqu’il est accompagné d’un joueur de flûte et de son dompteur « montreur d’ours », tantôt un éléphant lorsqu’il est affublé d’une trompe, ou bien les deux.

Cet animal hybride, danse et se roule sur le sol à la demande, s’il refuse il est roué de coups.

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Costume traditionnel - Le boeuf.

Avec sa robe noire et sa corne menaçante, il se déplace toujours accompagné de son maître qui le tient en laisse. Mais c’est lui qui fixe son itinéraire et c’est son maître qui le suit partout. Ce détail rappelle la période de l’arrivée des bœufs par tapouilles (petit bateau de pèche) sur les rives guyanaises. Parfois ils s’échappaient et parcouraient la ville à la poursuite des passants avant d’être repris.

Le bœuf du Carnaval a bien mérité sa place dans les thèmes de déguisements, car il a beaucoup alimenté l’observation des anciens qui l’ont gratifié de nombreux proverbes guyanais : kôrn pa tro lou pou béf
( les cornes ne sont pas trop lourdes pour un bœuf), en rapport aux cornes attribuées à ceux qui subissent l’infamante infidélité de leur conjoint.

Les Guyanais aiment dire béf gras (bœuf gras) pour désigner ce bœuf du Carnaval qui d’autre part rappelle le veau gras de l’antiquité et les défilés au milieu des bouchers de la ville sous Monarchie et Empire.

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Costume traditionnel - L'Anglé bannann.

Ce costume est apparu dans le Carnaval guyanais après la première grande immigration Sainte-Lucienne et Antillaise, liée à la rue vers l’or.

Un grand nombre de ces personnes qui trouvaient leurs origines au sein d’une culture anglo-saxonne étaient attachées à leurs traditions vestimentaires. C’est ainsi qu’à l’occasion de cérémonies, sous l’implacable ardeur du soleil, ils portaient en transpirant abondamment mais dignement, la redingote en queue-de-pie ou queue-de-morue dénommées « paspété », car largement fendue sur le postérieur, et le chapeau haut de forme « bisbonm ». Cette situation a été très rapidement caricaturée pour devenir le costume incontournable du Carnaval guyanais.

L’anglé bannann marche souvent la redingote pliée sur l’épaule. Il lui arrive d’envoyer brusquement cet habit loin de lui pour engager une course à perdre haleine avec les individus qui souhaitent s’en emparer. Car selon la vieille coutume guyanaise, cette lévite est mise en jeu et est attribuée à celui qui a eu le temps de la ramasser, ce qui n’arrive presque jamais.

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Costume traditionnel - Soussouri ( la chauve-souris )

Encadrant généralement le défilé des diables rouges, elle représente les vampires, créatures suceuses de sang envoyées par le démon pour prendre la vie durant la nuit profitant du sommeil des vivants.

Vêtue d’un justaucorps noir couvrant la personne de la tête au pied, elle est équipée de grandes ailes qu’elle referme sur les enfants rattrapés à la course. Quand elle les ouvre, elle marche armée d’épingles pour piquer.

Le temps faisant, l’envahissant Arlequin venu d’Italie s’est glissé dans la peau de soussouri pour lui apporter des couleurs plus gaies afin de la métamorphoser en un personnage plus agréable.

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Costume traditionnel - Les zombis.

Ce costume est un costume qui est revêtu par un groupe de carnavalier. Il se compose d’un ensemble de couleur blanche dont la cagoule triangulaire qui recouvre la tête rappelle la tête d’un chat, et la taille est pincée par une écharpe rouge. Cette bande circule au milieu de la foule des spectateurs avec une cordelette à hauteur de l’épaule pour pouvoir les encercler au son d’un sifflement bien rythmé qu’ils produisent au moyen de l’instrument qu’ils portent à la bouche. Cette opération est dénommée zombi baréyo (zombi cernez-les).

Ce thème qui est venu d’Afrique dans les cales des bateaux négriers a pris le sens de revenant malveillant, d’esprit malin sur les terres antillaises où il a pris cette appellation.

Suivant la tradition, le zombi reste en Guyane un des mauvais esprit de la forêt tropicale qui vient danser la nuit autour des fromagers, arbre fétiche dans les rites magico-religieux. Alors que son évocation en période normale est source de méfiance, sa présence dans le Carnaval le banalise, car durant cette période on ne craint ni les vivants, ni les morts.

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Costume traditionnel - Lanmo ( La mort )

Déguisement qui représente la mort en squelette drapé de blanc ou toute de blanc vêtu qui rappelle la couleur du linceul.

Lanmò vòlò lanmò est une expression du Carnaval guyanais qui défie la mort et qui invite son représentant masqué à poursuivre les audacieux provocateurs. Sous ce costume, lanmò erre en bande à la recherche d’une victime pour l’envelopper fortement dans son drap blanc comme pour l’étouffer.

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Costume traditionnel - Le nèg marron.

Ce personnage spécifique de l’histoire de la Guyane représente l’esclave qui s’est évadé et qui se cache dans la forêt, suivant le terme de la langue espagnole : cimarrón.

Ici il circule presque nu, le corps enduit d’huile noire colorée à la suie, vêtu d’un pagne ou kalimbé rouge, un bandeau rouge sur la tête et à la bouche le fruit rouge de l’awara, oléagineux symbolisant la force du marronage, la liberté dans les grands bois, la contestation de l’esclavage.

Il est utilisé pour assurer le service d’ordre du Carnaval de rue ou faire une haie d’honneur aux groupes masqués, car il noircit génreusement celui qui entrave son passage.

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Costume traditionnel - Les balayeuses.

Coiffées d’un foulard et vêtues d’une robe généralement bleue elles balayent les rues avec leur balais coco, balais créole symbole conventionnel du nettoyage, de la purification.

Les balayeuses font partie intégrante du Carnaval, car elles rappellent les bons usages dans les familles guyanaises

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Costume traditionnel - Les vidangeurs.

Issu de la douloureuse période des bagnes de Guyane, ce costume représente la corvée des bagnards qui, entre vingt-trois heures et cinq heures du matin, passaient dans les maisons pour assurer le service des tinettes.

On entendait dans la nuit profonde l’arrêt des buffles puis le départ de la charrette qu’ils tiraient.

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Costume traditionnel - L'Arabe et l'Annamite.

Ces personnages représentatifs du Carnaval guyanais sont également issus de la période des bagnes de Guyane qui de 1850 à 1936 ont occupé cette « terre de la grande punition ».

Ces hommes qui, malgré eux, ont meublé la vie guyanaise, représentent un chaînon de l’histoire de ce pays.

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Costume traditionnel - Caroline.

Cette Anglaise devenue riche grâce à l’orpaillage fait l’objet d’une satire bien guyanaise. En effet, elle porte jalousement son mari sur le dos, assis en croupe de peur qu’on ne le lui vole. Et suivant un proverbe guyanais : les bons maris sont rares, je porte le mien sur mon dos pour qu’on ne me le prenne pas.

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Costume traditionnel - L'Indienne.

Ce déguisement est très prisé et on le retrouve souvent dans les concours de costumes carnavalesques. Il un fait que les peuples autochtones ( Kaliña – Locono – Wayana - Wayampi – Emérillon ) qui représentent une minorité des populations vivant sur le sol guyanais se sont en partie intégrés à la vie locale.

Attachés à leurs coutumes ancestrales, tintées de mystères, leurs costumes de cérémonies hauts en couleurs, ont toujours fait l’admiration des habitants des grandes villes.

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Incontournables - Les Brésiliens.

La proximité de cet immense pays limitrophe et la fervente culture carnavalesque qui l’habite, a tôt fait, dès que l’heure sonne, de voir la Communauté brésilienne se joindre aux cavalcades du Carnaval guyanais.

Magnificence des chars, richesse des costumes, sensualité majestueuse des Brésiliennes, ambiance exceptionnelle, déferlent une fois par an sur la vague carioca qui transforme en samba-drome la plus belle avenue de Cayenne.

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Les TOULOULOUS du samedi soir - Le bal paré-masqué.

A ce stade il est nécessaire de fournir l’origine du mot TOULOULOU, pour laquelle deux versions s’opposent.
Tout d’abord, il est précisé que le mot français tourlourou, appellation donnée par plaisanterie aux soldats d’infanterie du début du siècle dernier, a inspiré la langue guyanaise sous la forme d’une métathèse du « r » de la première syllabe : trouloulou. Puis le terme est devenu TOULOULOU pour indiquer une tenue qui défraye la chronique. Où est passé le « r » de la prononciation ? C’est VAVAL seul qui peut-être le sait.

La deuxième explication, qui semble mieux convenir à la situation, souligne, que les dames qui se présentaient dans les salles de danses ou dans les salons privés le faisaient dans la tradition du Carnaval, qui exige le port d’un masque ou d’un loup. Ainsi, et afin de choisir le cavalier préféré, ces hétaïres improvisées parcouraient plusieurs fois la piste de danse en décrivant des tours. Ceci incitait leurs spectateurs à dire que le loup fait des tours, ou qu’il fait le "tour le loup". Par la suite, un défaut de prononciation fait disparaître le « r ». Enfin une approche phonétique liée à l’oralité, donne l’appellation TOULOULOU qui est usitée aujourd’hui.

Le bal paré-masqué ne se danse que le samedi soir dans « des universités » où l’ambiance surchauffée au rythme de biguines ou djouk à damner tous les saints, vous emporte jusqu’aux premières lueurs du soleil. Le Carnaval moderne a supprimé le déguisement des hommes qui se rendaient dans ces établissements pour laisser place aux TOULOULOUS du samedi soir qui sont les Reines de ces torrides nuits amazoniennes.

C’est donc pour protéger scrupuleusement leur anonymat que les femmes qui se rendent dans ces « universités » se travestissent de la tête au pied avec gants, masques et cagoules. Elles se griment ainsi pour que n’apparaisse le seul millimètre de peau qui pourrait les trahir. Même la voix est modifiée, et certaines se rendent muettes. Sous ce maquillage, les TOULOULOUS envahissent un peu avant minuit les pistes de danses pour griser, l’espace d’une danse, les cavaliers d’un soir qui auront attendu patiemment pour devenir l’élu de la soirée…

Dans les « universités » du samedi soir, ce sont de véritables concours d’élégance qui sont improvisés, car les costumes des TOULOULOUS rivalisent de fantaisie et de beauté. Ils sont confectionnés avec des matières nobles, satin, velours, or et pourpres pour le plus grand bonheur des danseurs qui retrouvent dans ces sensuelles courtisanes d’un soir la sensibilité d’un peuple et d’un pays où une réelle qualité de la vie l’emporte sur la morosité.

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Le vidé.

Vidé vient de l’expression : vider la salle (de bal).

C’est au petit matin du bal paré-masqué du samedi soir que l’orchestre quitte la scène pour entraîner à sa suite danseuses et danseurs afin d’exécuter dans la rue les dernières notes de musiques, et permettre au dernier carré de fêtards de se disloquer.

Le vidé est ainsi organisé. Initialement ce dernier se déroulait à pied. Mais les orchestres actuels qui utilisent de nombreux matériels à sonorité électrique doivent se jucher sur la plate-forme d’un camion pour faciliter leur déplacement. Dans le Carnaval moderne, ce moyen de déplacement transporte les orchestres dans la rue les dimanches après-midi. Installés en fin de cavalcade, ils entraînent à leur suite une foule délirante qui se disloque dans la nuit naissante pour boire un dernier verre et continuer la fête entre amis.

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Election de la Reine du Carnaval.

Dans les semaines qui précèdent les jours gras, un grand spectacle est organisé par la Fédération des Festivals et Carnaval de Guyane afin d’élire la Reine du Carnaval.

Ce concours permet aux créateurs de costumes carnavalesques guyanais de rivaliser d’ingéniosité et d’originalité pour l’emporter. Toutes les extravagances sont autorisées, à une condition, que la tenue finale puisse être portée sans assistance par son occupante. Il ne faut pas manquer ce show, haut lieu de la tradition du Carnaval de Guyane.

Orientation bibliographique :
VAVAL – L’histoire du carnaval de la Guyane française.
Collection Guyane découverte – Ibis rouge édition 2000 – http://www.ibisrouge.fr
Auxence CONTOUT ( universitaire et folkloriste guyanais) considère ses ouvrages comme des messages de la tradition. Grâce à ces messages,estime-t-il, les chercheurs de l’avenir pourront se hausser sur mes épaules pour voir plus loin que moi.(sic)

Renseignements :
- Fédération des Festivals et Carnaval de Guyane rue des Mandarines – centre socioculturel de Mirza
B.P. 9135 – 97391 Cayenne Cedex 02
tél. 05 94 31 82 05 – fax. 05 94 30 06 69

- Comité du Tourisme de la Guyane (C.T.G.) 1 rue Clapeyron – 75008 Paris – tél. 01 42 94 15 16
12 rue Lallouette – B.P. 801 – 97338 Cayenne Cedex – tél. 0594 29 65 00
http://www.tourisme-guyane.com

- Office de Tourisme de Saint-Laurent-du-Maroni
B.P. 240 - 97393 Saint-Laurent-du-Maroni Cedex
Tél. 05 94 34 23 98 - E-mail: infoslm@wanadoo.fr

Cette année (2013) le Carnaval de Guyane a débuté le 02 janvier et s'est terminé le 13 février

Pour consulter l'album photo - Carnaval de Guyane, cliquez ICI

Mercredi 13 Février 2013
Yvan MARCOU
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1.Posté par Liétar Ronan le 29/12/2005 20:08 | Alerter
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Merci pour toutes ces précisions !
Je vous invite à jeter un coup d'oeil sur http://www.ronanlietar.com/carnaval.htm
Les photos ne représentent pas de manière exhaustive l'ensemble des costumes traditionnels mais permettent néanmoins d'avoir un aperçu de l'ambiance pendant la période du carnaval.
Cordialement,
Ronan Liétar
Photographe
06 94 46 63 46

2.Posté par Davidas le 17/02/2006 18:35 | Alerter
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bonjour je m'appelle Stéphanie Davidas et je suis venue sur ce site car je travaille actuellement sur le carnaval en TPE au lycée dans le thème rupeture et continuités: comment a évolué le carnval guyanais aves les apports du Brésil et des Antilles?

3.Posté par Carole le 11/08/2007 11:28 | Alerter
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Site très intéressant. Juste une petite question. A votre avis, quel est l'apport culturel du carnaval sur la population.

4.Posté par MARCOU Yvan - webmaster le 14/08/2007 23:13 | Alerter
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Bonjour Carole,
D'après mon séjour en Guyane et l'analyse de ces manifestations, je pense que le carnaval guyanais est un facteur de cohésion sociale, un facteur d'identité régionale et pour d'autres un exutoire...ou un défoulement collectif.
On reste dans la tradition du carnanval de rue.
Cordiales salutations.

5.Posté par BELIZAIRE JULNER le 07/02/2009 12:57 | Alerter
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bonjour je suis un curieux et j'aimerai savoir un max sur les costumes des toulous et un vrai historique sur les différentes tenues de ces toulous
merci par avance

6.Posté par ALPHONSE le 23/02/2009 18:42 | Alerter
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Je cherche à rentrer en contact avec un groupe carnavalesque de la Martinique et Guadeloupe, instaurés en Guyane.
Quel beau spectacle, la parade de la Capitale, Cayenne, un grand coup de chapeau à tous les organisateurs, à tous ceux qui ont fait ce déplacement à Monsieur le Maire qui fait tout ce qui est possible pour Cayenne, mais aussi pour que le pays puisse avancer.
Si nous pouvions rester tous unis, toutes races, tous départements confondues !!! même quand le carnaval prend fin, que nos enfants grandissent dans ce beau pays, dans la paix, la fraternité.
Dieu nous garde.

7.Posté par COMBEY PATRICE le 16/02/2013 16:01 | Alerter
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Bonjour à tous,
Je viens de lire attentivement un texte sur le carnaval en Guyane et ses différents costumes. J'ai été stupéfait de constater une similitude entre la Guyane et la Savoie. Les 2 explications de l'origine du mot "touloulou" n'en font qu'une pour moi. Très féru des patois Savoyards qui englobent la langue répandue du FRANCO-PROVENÇAL, je vous donne la réflexion suivante. Chez nous, un "tourlou" c'est un fou, mais pas n'importe quel fou. Il a 2 comportements très évocateurs. Soit il exprime sa folie par des mouvements circulaires du buste ou de la tête, en position assise, soit il se déplace en tournant en rond. Mon idée était donc de confronter les 2 versions guyanaises et de dire que pour moi, elles ne se contredisent pas, mais bien au contraire, elles se complètent.
Voici des mots dérivés du mot d'origine "tourlourou" : On tor, un tolor, un torloro, (fou au masculin) - une toura, une tolora, une tourlouda, folle au féminin).
Quand pensez-vous? A bientôt de vous lire, vous pouvez me consulter www.patrice-combey.fr

Le webmaster.
Bonjour Monsieur Combey,
Votre analyse et fort intéressante, car, comme vous le précisez, elle confronte 2 versions.
De ce fait il serait enrichissant de savoir depuis quelle période cette appellation TOULOULOU a été introduite dans le vocabulaire carnavalesque guyanais.
Soit avant ou après l'installation des bagnes de Guyane (1852), car si s'est après, cela pourrait avoir été introduit par des bagnards ou des administrateurs du bagne d'origines provençales.
N.B. : Sarda Garriga, gouverneur de la Guyane qui a installé les premiers bagnes en 1852 était originaire de Perpignan...
Bien cordialement.
@+

Bonjour,

Si vous saviez la joie que vous me procurez en me donnant votre avis.
Je ne permets donc de vous expliquer pourquoi je fais des recherches sur le carnaval.
Nous sommes pratiquement à quelques jours près, à date d'anniversaire d'un grand malheur qui est arrivé le 15.02.1920 pour le carnaval dans notre village.
Un crime a été comis et la personne fut condamnée à 7 ans de T F à St Laurent du Maroni. Bien du temps c'est écoulé depuis et cette histoire à ressurgi pour moi en Turquie, bien loin des montagnes de la Savoie.
Musicien, conteur, écrivain, la Mairie de Bellentre m' a chargé d'écrire l'histoire de cet homme sous la forme d'une chronique romancée. Voilà donc deux ans que je me bats contre vent et marée pour réunir toutes les pièces afin d'écrire cette histoire au plus juste.
Je comptai me rendre en Guyane mais on me l' a fortement déconseillé, car ce n'ai pas en 3 semaines que je pourrait réunir des pièces suffisantes.
Le travail de recherches que j'effectue se situe du jour du crime, jusqu'à son retour en Savoie après la 2ème guerre mondiale. 25 ans, c'est pas simple à mettre le tout bout, à bout.
Je viens d'avoir un excellent contact auprès de Monsieur Daniel Gimenez de l'association Meki wi libi na wan. Je fondre de bons espoirs sur cette personne. Les recherches vont loin. Mon personnage à eut 2 enfants et nous serions tellement heureux de les retrouver parmi vous, ou de découvrir leur descendants.
Ce travail de recherche est lié à la mémoire du village et nous le considérons comme faisant parti de notre patrimoine.
Un travail scolaire sera proposé aux élèves en amont du projet. le sujet traité sera : l'honnêteté et les conséquences du mensonge. Je dois vous expliquer que si la personne a bien purgé sa peine, malgré le crime qu'elle a commis, elle n'aurais jamais dû subir les travaux forcés car les gens du villages ont fait de faux témoignages, avec toutes les conséquences qui en ont découlé.
Quand vous brûlez Vaval, pour ses fautes de débauches, nous dans un même temps, nous brûlons Cameteran. Il symbolise la fin de l' hiver (solstice, fête païenne de la lumière) sous la forme du diable. Les mamans sont soulagées de voir l'hiver brûler car le diable n'emportera plus les enfants qui meurent à cette époque de la grippe, tant redoutée par les mères. Le pantin bourré de paille est brulé sur la place du village la nuit et lorsqu'il tombe, les jeunes gens sautent par dessus le feu.
Ancien président d'un groupe folklorique, je serai très heureux de pouvoir échanger nos trésors réciproquement. Je me suis aperçu que le créole à bien des similitudes avec le patois savoyard, mais ça, c'est encore un autre projet de travail.
Battez vous pour la conservation de votre langue régionale, chez nous c'est une catastrophe, nos jeunes perdent leurs racines!
Merci encore de m'avoir répondu.
Je reste à votre écoute dans l'espoir un jour de venir vous présenter nos coutumes montagnardes!
Recevez toutes mes salutations amicales,
Patrice Combey.

8.Posté par Thierno B. Barry le 28/06/2013 19:28 | Alerter
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Bonjour, je fait des études doctorales sur la Caraïbe et la figure de Vaval, surtout sa représentation symbolique me fascine. Je trouve intéressant l'article et je suis intéressé par tout ce qui parle de la culture créole dans la caraibe.
Merci et bonne continuation

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